Lorsque j’étais toute petite, dans une pièce au sous-sol, il y avait une énorme mappemonde accrochée au mur avec des punaises. Je passais des heures à mémoriser les pays et les capitales, à passer délicatement mes doigts sur chaque océan et chaque frontière en me disant qu’un jour, j’y mettrais les pieds.
Je savais que si je voulais atteindre ces rêves, je devrais travailler extrêmement fort, tout en combinant mes efforts avec mes études. Pour y arriver, je cumulais parfois jusqu’à trois emplois!
Le tout m’a permis de découvrir le monde : faire de l’ultraléger en Zambie, visiter la cellule de Nelson Mandela à Robben Island en Afrique du Sud, apprécier un safari en Tanzanie et au Botswana, découvrir les parfums de l’Inde et la verdure du Sri Lanka, contempler le Laos, dîner dans les meilleurs restaurants de Hong Kong, marcher sur la muraille de Chine, écouter un opéra à Prague, participer au Qatar National Day, danser au carnaval du Brésil, partir à la découverte de la meilleure « pho» du Vietnam, rencontrer la guérisseuse de Eat Pray Love qui m’a soignée après une chute à moto alors que j’étais seule à Bali, etc.
Au total, 41 pays visités mais certains 2, 3, 4 fois et même plus. Afrique du sud, Botswana, Tanzanie, Zambie, Cambodge, Chine, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Qatar, Singapour, Sri Lanka, Thailande, Turquie, Vietnam, Bahamas, Brésil, Belize, San Andrés (Colombie), Costa Rica, Cuba, République Dominicaine, une multitude d’endroits aux 4 coins des États-Unis incluant Hawaï, Jamaïque, Mexique, Venezuela, Curaçao, Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, République tchèque, Vatican, Haïti.
Voyager m’a donné la force et l’ouverture d’esprit d’être une meilleure gestionnaire au quotidien et de mieux comprendre les humains, mes voisins, mes collègues, bref, la vie.
À la naissance de ma fille en 2012, le commentaire qui revenait le plus était inévitablement : « Ah… mais maintenant, tu ne pourras plus voyager autant… ».
MAIS POURQUOI?
Nous n’avons pas besoin de tout laisser tomber pour voyager ni attendre que les enfants soient grands ou l’heure de la retraite. On peut réussir à marier les deux et ce, peu importe le budget ou le temps de vacances alloué.
Maintenant que je suis doublement maman, c’est avec nos deux enfants que nous poursuivons nos aventures. Nos enfants ont pris 55 vols, fait de longs trajets en traversier, à dos d’éléphant, dans la valise d’un « pickup truck » ou en « tuk tuk »; ils ont vomi dans le métro de Tokyo, goûté à des mets épicés dans les Caraïbes, gravi les marches de Compostelle, ont eu leurs premières dents à Bali et faits leurs premiers pas à Lisbonne.
Nous avons profité de nos congés de maternité et de paternité pour partir plusieurs semaines en Asie, chose que nos emplois ne nous permettent pas normalement. Nous y avons appris à voyager en famille, à l’autre bout du monde. Parents heureux : bébés heureux!
Voyager, cela va plus loin que de voir du paysage; c’est un changement radical dans la manière de regarder la vie, une sorte de révolution en marche, qui laisse des empreintes profondes et éternelles. (Miriam Beard, Realism in Romantic Japan)
Bonne lecture !
Sophie Reis